Le temps ne respecte pas ce qui est fait sans lui.

(Léonard de Vinci)


 

 

« Le mythe de Séléné »

Premier prix, Salon de la Figuration 2000, Musée Laurier.

Huile sur toile, 48 x 64 po (122 x 163 cm), 1997-2001

Mythologie grecque : Séléné personnifie la déesse Lune. Elle est représentée sous les traits d’une jeune femme dont la peau est d’une blancheur éclatante.

Séléné eut de nombreux amants dont Pan qui lui fit cadeau d’une toison d’une lumineuse blancheur. Sa passion amoureuse la plus célèbre demeure celle qu’elle éprouva pour le berger Endymion, à qui les dieux accordèrent l’immortalité à la condition d’être plongé dans un sommeil éternel.

À chacune des éclipses de la Lune, on dit qu’un dragon cherche à dévorer Séléné. Des magiciennes de Thessalie viennent alors à son secours pour empêcher le monstre de prendre son funeste repas.

D.J.

 


 

 

 « Silence observé »

« C’était un silence qui n’avait rien à voir avec l’absence de bruit. »

                                                                                              Krishnamurti

Ici, mon objectif premier, était de peindre un autoportrait non conventionnel, de type théâtral, où les mains, plutôt que le visage seraient mises en évidence.

Comme presque toujours, l’inspiration me vint en rêve. Dans ce rêve, j’allai chercher dans la penderie où je range les tissus qui me servent à draper mes modèles, un voile très grand et très souple, de couleur jaune doré et m’en couvris la tête.

À mon réveil, en consultant un ouvrage sur l’interprétation des rêves, j’ai pu facilement décoder le sens de celui-là. Le fait de se voiler la tête est un message du surmoi qui nous ordonne de nous taire; même si la vérité est de notre côté, il est souvent plus sage, de la garder pour soi. C’est un geste de tolérance. Ici, l’impérativité du silence est amplifiée par la couleur dorée du voile : « le silence est d’or… ».

À propos du titre : j’utilise parfois et à dessein, des titres à double sens. Ici, « observé » peut dériver d’observation (regarder avec attention) ou d’observance (se conformer à une règle de conduite).

 

 D.J.


 

« 16 plumes d’immortalité »

Ici, comme pour le « Chat bleu », le tableau s’est construit de lui-même, comme une écriture automatique.

J’ai d’abord peint le visage en tons naturels, et l’idée de le terminer en buste de marbre s’est imposée presque malgré moi. Ensuite, j’ai intégré la lune*, mon élément de composition fétiche. Ici, le traitement de la lune en quartier, m’a permis de faire ressortir l’arrière de la tête en sombre sur fond clair, tout en exploitant un contraste de clair sur sombre pour le visage.

C’était une belle journée d’automne et je peignais à l’extérieur. Une plume d’oiseau gisait à mes pieds; je l’ai peinte au pied de mon buste; puis une autre, et une autre encore. Chaque plume que je peignais m’en faisait visualiser une autre. Quand la composition fut enfin équilibrée, il y en avait seize.

La plume blanche, comme celles des ailes des anges, est symbole de pureté et de justice, gages de la vérité immortelle. Le chiffre 16 est symbole d’involution et fait référence à la condition humaine.

                                                                                                       D.J.